Mode et bien-être animal ne sont pas incompatibles

Comment l’industrie de la mode tient désormais compte du bien-être animal

Nous élevons certains animaux pour nous nourrir, mais aussi pour nous vêtir. Les matières premières que nous obtenons ainsi ont des propriétés intéressantes pour notre habillement : solidité, chaleur, et esthétiques. Or, les pratiques de cette industrie qui reposent souvent sur la maltraitance ne conviennent plus à une partie de la population soucieuse du bien-être animal. Cette tendance s’exprime dans plusieurs domaines, y compris la mode.

Eviter les provenances de pays qui ne respectent pas le bien-être animal

Vos vêtements doivent tous comporter une étiquette indiquant le pays dans lequel ils ont été fabriqués. Cette information est essentielle dans votre démarche pour la cause animale. Elle va vous permettre d’éviter les pays qui n’ont aucune réglementation sur le sujet. La Chine et l’Australie font notamment figure de mauvais élèves et sont régulièrement pointés du doigt par les défenseurs des droits des animaux.

A l’inverse, d’autres ont déjà pris des mesures fermes. En 2021, l’Israël a interdit, par décret ministériel, le commerce de fourrure animale pour la mode. C’est le premier pays à adopter une législation aussi stricte. Cette interdiction totale est également en vigueur dans certaines villes comme Sao Paulo au Brésil ou dans l’Etat de Californie aux Etats-Unis. En Inde, une loi similaire n’est valable que pour les peaux de vison, de renard et de chinchilla.

Les matières premières utilisées dans l’industrie de la mode

Grâce aux progrès de la science, nous sommes aujourd’hui capables de produire des équivalents aux matériaux utilisés habituellement dans l’habillement. La fausse fourrure et la soie artificielle sont fabriquées à partir de fibres synthétiques qui produisent des imitations convaincantes. Le cuir se décline lui aussi dans des solutions alternatives, à partir de plastique recyclé ou de matières végétales.

Pour ceux qui préfèrent les matières traditionnelles, il faut regarder du côté des conditions d’élevage. En effet, certains éleveurs se sont engagés à adopter d’autres méthodes, souvent plus lentes et plus coûteuses, mais sans souffrance animale. Il est donc aujourd’hui possible de trouver par exemple de l’angora et de la laine bio, qui ont été produits sans mutiler les animaux.

Production de laine bio

Les certifications garantissant le respect du bien-être animal

Certains labels vont nous aider à nous repérer dans cette démarche contre la maltraitance animale. C’est le cas du standard RAF (Responsible Animal Fiber), un groupement de 3 labels Textile Exchange (RWS, RMS, RAS) engagés pour le bien-être animal dans le secteur textile. Il certifie notamment le respect des principes suivant : accès à l’eau et à la nourriture, des conditions d’élevage dignes, sans souffrances psychiques ni physiques, et un environnement social adapté à l’espèce.

Dans une autre optique, l’association PETA a mis en place une certification dédiée au textile. Elle garantit que le produit ne contient pas de matériaux d’origine animale. Il en est de même pour la certification Vegan EVE. On trouve également le label Naturleder, qui vérifie que le cuir ne provienne pas d’animaux sauvages ou d’espèces menacées.

Pourquoi les géants de l’habillement devraient se préoccuper davantage du bien-être animal ?

D’après une étude réalisée par Harris Interactive en 2021, 23% des Français citent la cause animale parmi les grands enjeux de société les plus prioritaires pour eux. Le secteur du luxe a bien senti ce changement dans l’opinion publique et s’engage petit à petit à prendre en compte le bien-être animal. C’est pourquoi on voit désormais de la fausse fourrure sur les podiums pendant les défilés. Ou même plus du tout.

La question des peaux dites « précieuses » ou « exotiques » est également venue se rajouter au débat. En 2019, Chanel annonce bannir le crocodile, le lézard et le python de ses créations. LVMH a, dans le même temps, annoncé un renforcement de ses critères d’approvisionnement et plus de traçabilité pour ses cuirs de crocodile. Si toutes les marques du luxe n’ont pas pris de telles mesures, elles y seront peut-être incitées pour améliorer leur image de marque.

Luxe et bien-être animal

Le consommateur, un acteur à part entière contre la maltraitance animale

Si les marques du prêt-à-porter et du luxe prennent des engagements écoresponsables, c’est bien parce que le consommateur a manifesté son intérêt pour cette démarche. Il détient un réel pouvoir d’influence au quotidien, qu’il peut exercer en cherchant à connaître les origines des matières premières utilisées par celles-ci. Voire même en les interpellant directement sur les réseaux sociaux, ou encore en contactant des associations défendant la cause animale.

0 0 votes
Évaluation de l'article
S’abonner
Notification pour
guest
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
0
Nous aimerions avoir votre avis, veuillez laisser un commentaire.x